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Marseille part 2
Publié par EF041008 le 23/2/2009
 Marseille part 2

Marseille, la Catholique, a toujours été fidèle à son roi. Mais à la veille de la Révolution, Marseille est une ville encore riche de marchands, prospère grâce à son port. Elle participera à la Révolution...l'hymne français, la Marseillaise, lui rend hommage.

Au XIXè siècle, elle sera le pont vers l'Orient et son industrie sera prospère...elle sera aussi la terre d'accueil de nombreux immigrants...














              
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Météo Marseille
http://www.meteorologic.net/meteo-france/Marseille_4330.html

Carte de la ville

                             


François I vient à Marseille d’abord pour la défendre et il créé le Château d’If. Puis une deuxième fois, pour le mariage de son fils Henri (II) avec Catherine de Médicis, d’une grande famille de banquiers florentins et nièce du Pape Clément VII, dont Francois Ier attend le soutien pour se maintenir en Italie.

La fiancée arrive à Marseille ; elle a 14 ans. Les soies, l’or, le satin se mêlent dans les plus belles robes. Marseille est en fête et accueille celle qui sera leur future reine (ils ne le savent pas encore). 

                   
                                                                     Chateau d'If

Marseille soutient son roi lorsque ce dernier signe un accord avec
Soliman pour lutter contre Charles Quint. Barberousse et ses bateaux sont hébergés dans le port de Toulon et les flottes marseillaises l’y rejoignent. L’accord est bénéfique pour Marseille qui récupère le droit de commercer avec les ports du Levant. Ils feront des affaires fructueuses plus tard grâce aux capitulations.

Lors de l’édit de tolérance en 1562, qui permet aux Protestants d’exercer leur religion en dehors des villes, Marseille refuse la mesure. Partout en France catholiques carcistes ( du nom de Carcès, comte de Provence) et protestants razats ( du nom du comte de Retz) s’entretuent en France. Cette ville reste uniformément catholique. Marseille soutient les Ligueurs.

A l’assassinat du Duc de Guise, Marseille décide d’accueillir les Ligueurs et refuse de reconnaître le nouveau Roi Henri IV, protestant. Les Marseillais espèrent en secret profiter de cette situation pour récupérer leur indépendance.

La conversion d’Henri IV et son nouveau mariage avec Marie de Médicis fait changer d’avis les Marseillais qui organisent à nouveau la fête pour l’arrivée de leur reine à Marseille. Marie arrive par la mer ; on lui dresse un pont qui directement de la mer à l’Hôtel de ville et comportait une salle ornée de peintures. 

                             
                              Catherine de Médicis                             Marie de Médicis

A la veille de la Révolution, Marseille est une ville encore riche de marchands, prospère grâce à son port . Elle accueille avec émotion et passion les propos avant-gardistes de Mirabeau lorsqu’il visite la ville en Mars 1789. Ils y voient à nouveau une possibilité de récupérer leur indépendance.

Lors des découpages administratifs, les Marseillais souhaitent constituer un département seuls. Ils n’ont pas gain de cause et c’est Aix qui s’approprie le plus de terres.

Malgré un grand soutien aux thèses de la Révolution, Marseille ne suit pas quand on attaque le clergé. Il n’y a qu’un seul évêché par département et celui des Bouches du Rhône  est à Aix. Celui de Marseille est supprimé. Les prêtres doivent jurer fidélité à la Constitution…et Marseille n’est pas d’accord.

Malgré cela Marseille fournit la révolution en bataillons. Elle soutient la chute de la monarchie. C’est lors d’un banquet que François Mireur, médecin qui mourut Général de Bonaparte, chanta le Chant de guerre de l’armée du Rhin, de Rouget de l’Isle. Les Marseillais le chantèrent lors de leur montée à pied à Paris. On chanta bientôt ce chant partout et devint un symbole de la révolution en l’appelant La Marseillaise.

                                           
                                                               La Marseillaise
                                     

Marseille sort exangue de la Révolution. Son port fonctionne au ralenti. Mais comme dans tout le pays, quelque chose de nouveau est né. Le peuple a pris son indépendance , a trouvé son mode d’expression et la culture s’en ressent. Au début du XIXè siècle, la reconstruction commence, tout d'abord vers l'intérieur ( boulevards Chave, Baille et Longchamps) puis vers la mer ( la Joliette, bassin du Lazaret, bassin Napoléon, bassin National). 

Emblème de ce renouveau, la Cannebière. Axe d’aération de la ville et débouché du port que renait. La prospérité de Marseille va s’épanouir sous le second Empire. Aux métiers traditionnels s’ajoutent des métiers nouveaux comme celui de la chimie, de la métallurgie et du raffinage. Les frères Imer et Lehnard s’y intéressent et fondent en 1868 la compagnie générale des Pétroles qui durera jusqu’en 1948.


De grandes dynasties se créent: les Bergasse, Rastoin, Cyprien-Fabre, Charles-Roux, Fraissinet, Morel...Elles voyaient Marseille comme la porte de l'Orient. Ce désir des pays lointains étaient louables et compréhensibles, mais elle se conjuguait souvent aussi avec un refus quelquefois inconscient de développer l'arrière pays. Marseille est autonome.

Jules Charles-Roux prêchera pour une évolution du port vers le Nord et pour un rattachement aux rives de l'Etang de Berre. Il ne fut pas écouté. 

                
                                                  Construction du canal de Suez

Marseille se désenclave par le sud grâce au percement du Canal de Suez et par le Nord grâce à l’arrivée des liaisons ferroviaires. La ville prospère mais commence à générer les contrecoups de cette expansion. Les industries traditionnelles périclitent, comme les huiles et le sucre. Marseille devient uin port de transit et l'arrière pays ne se développe pas comme il se devrait.

Les ouvriers des nouvelles usines vivent dans des conditions difficiles. 
Le socialisme pénètre le mouvement ouvrier. La section de Marseille de l’Internationale des travailleurs regroupe jusqu’à 4500 membres autour de André Bastelica.

Après la débâcle de Sedan, la Commune s’installe à Marseille. Gaston Crémieux, un israélite de Nimes, établi à Marseille avait appelé à la Révolution socialiste. Lors du passage de Garibaldi à Marseille, l’enthousiasme populaire est immense. Mais comme dans le reste du pays, la Commune est arrêtée. Gaston Crémieux est éxécuté. Il tombe en criant « Vive la République ! ».

Mais les conditions de vie des ouvriers ne se sont pas améliorées. La poussée socialisante continue à Marseille. Cette misère prolétarienne est en apparence accrue par le fait que de nouveaux migrants arrivent, les babis, les  Italiens. Le peuple les rejette car « ils prennent leur travail ». Le climat anti-Italien augmente ; le pouvoir local laisse faire et la presse nationale les encourage. Ce sont les « Vêpres marseillaises ».


                        
                                            Emigrants , Cie Générale Transatlantique
                                                Collections New York Public Library

Cela n’empêche pas à l’industrie de s’installer encore plus durablement. De grands capitaines d’industrie apparaissent comme Cyprien Fabre, négociant et armateur, encouragés par des députés qui voient grand pour Marseille, comme  Jules Charles-Roux.

Marseille se déploie. Les nouveaux maires assurent une stabilité suffisante pour édifier un nouveau Marseille. Ainsi Siméon Flaissières qui encourage le progrès : électrification, réseau de tramways…

Cette stabilité permet à la culture de se développer : un groupe d’intellectuels se retrouve, ainsi Marcel Pagnol, Jean Ballard et  Gaston Mouren. Ils forment les Cahiers du Sud qui sera édité jusqu’en 1966. Tout ce que compte la France de poètes, d’écrivains participeront à cette aventure : Gide, Eluard, Char, Yourcenar, Supervielle, Valéry, Weil… Ils permettront pendant la deuxième guerre mondiale d’être un lieu d’expression contre l’oppression.

Parallèlement, Pagnol  écrit ses romans qui remporteront un immense succès. Il se lancera ensuite dans l’aventure du cinéma. Sortent de ses mains la trilogie marseillaise , Marius, Fanny, César, mais aussi ces immenses romans La Gloire de mon père et le château de ma mère.

                   

Malgré cette magnifique effervescence culturelle, Marseille s’enfonce dans la pègre. La crise est mondiale et aux Etats-Unis Al Capone sévit aussi. Les années 30 voient l’arrivée à Marseille de Paul-Venture Carbone et François-Lydro Spirito, gangsters qui vont donner à cette ville une réputation dont elle va avoir du mal pendant longtemps à se défaire.

Politiquement Marseille est affaiblie. Son bon maire Flaissières décède en 1931. Siméon Sabiani, qui deviendra synonyme de pègre, trucages électoraux et malversations diverses prend place à la Mairie.

Cette ambiance ne s’arrange pas puisqu’en 1934, le Roi Alexandre de Yougoslavie est assassiné en pleine Cannebière. Avant la deuxième guerre mondiale, la ville a décidément bien mauvaise réputation.

La deuxième guerre mondiale donnera l’occasion à Marseille de renaître à elle-même. C’est dans cette ville que les artistes se  replient : Louis Jouvet, Mouloudji, Edwige Feuillère… mais aussi les éditeurs comme Le Sagittaire de Gabrielle et François Neumann ou Robert Laffont. Les studios Pagnol tournent alors que les studios parisiens sont fermés. 

Mais comme toute la France, Marseille connait des années noires : les Juifs sont déportés, la STO est mise en place, les salles de cinéma sont réquisitionnées pour la propagande allemande et les collaborateurs apparaissent…

La France est au comble de l’horreur, mais la renaissance commence. Le maquis se met en place. A Marseille, cela se passe dans le massif de la Sainte-Baume, de l’Etoile ,dans la région aixoise et le Lubéron. L’élan n’est pas coupé malgré le bombardement de la ville par les Alliés , que les collaborateurs railleront largement.

Marseille résiste. La CGT paralyse en établissant la grève générale ; les milices socialistes menées par Gaston Defferre, Massereau,  sont très actives : coup de force au Petit Provencal , où Defferre Leenhard et Manicacci créé un nouveau journal le Méridional, qui deviendra le journal de Gaston Defferre.

              


Marseille est finalement libérée. Les luttes de pouvoir post guerre vont commencer. Un homme sortira vainqueur de cette bataille : Gaston Defferre, qui symbolisera le Marseille de la deuxième partie du XXè siècle. Réaménagement du vieux port, inauguration du métro, réaménagement des plages, renaissance culturelle avec, entre autres, le chorégraphe Rolland Petit et le cinéaste René Allio.

Le colosse de Marseille parait indestructible. Il devient ministre sous la présidence de François Mitterrand. La direction de Marseille s’affaiblit et de nouvelles personnalités apparaissent.

A la mort de Gaston Defferre, JC Gaudin prend sa suite. Les challenges de Marseille sont une nouvelle fois de placer Marseille comme foyer de culture, port d’une Méditerranée qui a beaucoup changé mais reste une grande opportunité la France.

Cet article a été écrit par Emmanuelle Falsanisi.







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