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Defferre
Publié par EF041008 le 30/3/2009
 Defferre
Gaston Defferre est le 14 Septembre 1910 à Marsillargues dans l’Hérault. Il ouvre avec son ami André Boyer un cabinet d’ avocat et exerce au barreau de Marseille.

Il s’inscrit à la SFIO qui va être un organe important pour lui et qui petit à petit l’éloignera du barreau. La montée du nazisme, la deuxième guerre mondiale et la volonté en 41 par le gouvernement de Vichy et les Allemands de détruire Marseille après déportation le font s’engager de façon plus radicale pour cette ville qu’il aime
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Gaston Defferre est le 14 Septembre 1910 à Marsillargues dans l’Hérault. Issu d’une famille de bourgeois protestants, il fait ses études à Nîmes puis à Aix-en-Provence où il étudie le droit et les sciences politiques.


Il se familiarise avec l'univers africain en rejoignant sn père qui tient un cabinet à Dakar.

Il rentre en France et ouvre avec son ami André Boyer un cabinet d’ avocat et exerce au barreau de Marseille. Il travaillera peu avant la guerre dans le cabinet d’Armand Vidal-Naquet. Quand Dina Verdy, modèle de Maillol, lui demande de défendre des militants trotskistes emprisonnés, il le fait.


                                
                                                             Archives L'Ours

Il s’inscrit à la SFIO qui va être un organe important pour lui et qui petit à petit l’éloignera du barreau. La montée du nazisme, la deuxième guerre mondiale et la volonté en 41 par le gouvernement de Vichy et les Allemands de détruire Marseille après déportation le font s’engager de façon plus radicale pour cette ville qu’il aime.

Il s’engage dans le combat clandestin. Prenant la suite des groupes formés par Henri Frenay , le réseau de l’ex zone libre s’organise en 1943 sous l’autorité de Jean Moulin. Ils forment le M.U.R. ( Mouvements unifiés de la Résistance) dont Marseille est la capitale pour la région 2. Maurice Chevance est à leur tête, puis le suivra Max Juvénal.

Gaston Defferre (« Massereau ») du réseau Brutus organise les milices socialistes. Attentats, sabotages  contre les entreprises allemandes se développent. Le maquis s’organise autour de Marseille, notamment dans le massif de Sainte-Baume, mais aussi dans la région aixoise et dans le Lubéron. La Gestapo réplique et fusille 206 personnes, dont un bon nombre sont issus du M.U.R.

Les alliés s’y mettent aussi qui bombardent Marseille  et feront ainsi 2000 morts. Fort heureusement l’annonce du débarquement  redonne l’espoir à cette ville. La CGT organise une grève générale et l’insurrection est lancée. Avec André Boyer et Horace Manicacci , Gaston Defferre organise le maquis.

Ils s’infiltrent dans la ville avec Max Juvénal, Francis Leenhardt (« Lionel »), Henry Simon… Ils sont moins d’un millier face aux treize mille hommes du Général Schaeffer. Defferre fait irruption dans les locaux du Petit Provencal, pour s’en emparer et fonder un journal, avec Léon Bancal comme rédacteur en chef.

Marseille est finalement libérée, mais le bilan est lourd. L’industrie est totalement arrêtée, les règlements de compte de l’après-guerre sont d’une grande dureté. Defferre saisit sa chance et se bat sur le front interne au parti socialiste où il doit faire sa place face aux vieux militants et face à l’envoyé de De Gaulle, Raymond Aubrac, qui ne veut pas laisser la place aux socialistes.


                              
                                    Gouvernement Blum 1946, Archives L'ours

Defferre ne peut obtenir le poste de maire en 1946. Il devient député des Bouches du Rhône et obtient un poste national dans le cabinet de Léon Blum puis devient ministre de l’outre mer dans le gouvernement de Guy Mollet, poste au quel il devra une prise de position et une implication dans le processus de décolonisation.

Par ailleurs, il approuve les accords de Bretton-Woods, où J.M.Keynes pourra appliquer ses théories économiques à l'échelle mondiale, théories qui influenceront longtemps le parti socialiste.  Enfin , en contrepartie d'une aide économique, il approuve aussi les accords de Blum-Byrnes concernant la place du cinéma américain sur les écrans français qui va largement contribuer à diffuser l'American Way of Life.


                                   
                                       Léon Blum et Guy Mollet, Archives de L'ours

« Laisser faire pour mieux contrôler », c’est en effet ce qu’il fit. Bien que pris par des obligations nationales et internationales, il ne perdait pas Marseille de vue. Il en devint maire finalement en 1953. « J’y resterai jusqu’à ma mort «  a-t-il murmuré lors de son élection. Ainsi fut fait jusqu ‘en 1986. Cette victoire s'est faite contre les communistes qu'il laissera à l'écart du pouvoir marseillais jusqu'à l'arrivée de F.Mitterrand à la Présidence française et des ministres communistes au pouvoir.

En 1953, il faut d’abord reconstruire la ville. Construction de lycées ( Saint-Exupéry, Marcel Pagnol, Honoré Daumier), d’hôpitaux , rénovation du port, élargissement de la Corniche sont à l’ordre du jour.

Il devra gérer au plan municipal la loi cadre sur l’AOF ( Afrique Occidentale Française) et Madagascar qu’il avait lui-même créée afin de permettre aux anciennes colonies d’acquérir leur indépendance. Marseille sera en frontal face à cette intégration à organiser, particulièrement après la guerre d’Algérie. Les familles déboussolées arrivent sur les quais de Marseille. Elles ont un autre discours que celui de Robert Boulin, qui parle « d’arrivée de vacanciers »…

34000 rapatriés en Août 1962, 178 000 en Juin … L’administration est débordée, le pouvoir central ne supporte pas les locaux, Defferre perd ses nerfs et parle  de « rejeter les pieds-noirs à la mer ». Il a du mal à contrôler sa ville. Les rixes augmentent ainsi que le banditisme. 

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Mais Marseille n’est pas la seule ville à être touchée. Le temps va dans le sens de la réintégration de ces exilés français et Marseille ne fait pas exception.

En 1963, l’Express lance Monsieur X , Defferre pour lutter contre De Gaulle, mais ce sera finalement François Mitterrand qui mettra en ballotage le Général. En 69, Defferre s’associe avec Mendès-France mais c’est Pompidou qui passe.

Il décide finalement d’épauler François Mitterrand au Congrés d’Epinay en 1971, ce qui permet à Mitterrand de devenir le premier secrétaire du Parti socialiste.

En 1973, Gaston Defferre épouse Edmonde Charles-Roux, petite fille de Jules Charles-Roux. Elle devient la troisième épouse de Gaston Defferre, après Andrée Aboulker et Marie Antoinette Swaters.

Prix Goncourt de littérature, sa femme aura une influence sur le développement culturel de Marseille. Roland Petit créé un ballet d’envergure internationale, Marcel Maréchal prend les rennes du « Théâtre du Gymnase ». César Baldaccini, sculpteur à la destinée glorieuse, fera ses premières armes à Marseille. Enfin la réhabilitation de la Vieille-Charité font de ce lieu un environnement pluri disciplinaire : musée de Marseille, musée des Arts Africains, océaniens et amérindiens, musée d’archéologie méditerranéenne, vidéothèque de l’INA…

Gaston Defferre est réélu en 1977. Les élections sont de plus en plus difficiles et les victoires sont à l’arrachée. Il doit rompre avec ses anciens alliés de droite, Jean-Claude Gaudin notamment.

En 1981, Defferre devient Ministre de l’Intérieur de François Mitterrand et s’occupe de décentralisation dans un gouvernement où les Communistes sont présents.


                                                   
                                                       François Mitterrand, 1984

 
Il continue à combattre à Marseille ; en 1983, c’est Jean-Claude Gaudin qu’il a en face de lui. Defferre a des communistes dans sa liste. Il remporte l’élection, mais est de plus en plus absorbé par ses tâches nationales. Il délègue Philippe SanMarco , secrétaire général de la mairie.

Des affaires éclatent dans sa mairie, malversations diverses qui sont mises au grand jour. Defferre est attaqué. « Fausses factures », « Grâces médicales » données à des détenues de la prison des Baumettes…

De plus la Féderation des Bouches du Rhône est récupérée par Michel Pezet , que Defferre avait mis à l’écart. Guerre de tranchée à nouveau. Lutte fratricide en 1986 qui le conduira à la mort. Atteint d’un syncope, il est hospitalisé à la Thimone, dans le service du Professeur Vigouroux, qui sera lui-même maire de Marseille plus tard.

Il meurt  en Mai 1986, alors qu’il est, comme il l’avait prévu, encore maire de Marseille.

Cet article a été écrit par Emmanuelle Falsanisi



 

   
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