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Pionniers
Publié par EF041008 le 27/6/2009
 Pionniers

Depuis les Vazimba, en passant par les Arabes, les Indonésiens , les malayo-polynésiens Madagascar est une île de brassage culturel et ethnique.

A la fin du XVIe siècle , les Maroserana, dynastie établie depuis 2 siècles dans le Sud-Ouest, accompagnée de devins, crée le Royaume de Menabe. Ils soumirent les populations primitives et Adriandahifotsy, le « Seigneur au teint blanc », se créé un nom.

Ses fils se déchirent la succession et l’un deux  va partir créer le Royaume de Boina dans le Nord, qui occupera jusqu’au tiers de Madagascar. Mais ces deux royaumes se disloqueront au XVIIIe siècle
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Inclut une vidéo sur Antananarico






L’origine du peuplement de Madagascar est mystérieuse. La tradition orale parle de la présence de Vazimba, petits hommes aux cheveux lisses et au teint clair, sorte de Pygmées blancs… Ils ont disparu, peut-être massacrés,  et ont laissé dans l’âme malgache un parfum de culpabilité qui leur fait craindre le retour d’esprits vengeurs…

De nombreuses vagues d’immigration ont marqué l’île. Une des premières fut celle des Arabes , puis  des Swahili qui naviguaient dans l’Océan Indien. Ils faisaient du commerce avec les villes africaines d’en face. D’autres en provenance d’Asie, Indonésie et d’Afrique complétèrent le mélange racial. La seule souche réellement identifiée est la malayo-polynésienne. 

        
                                             Credit Photos Philippe Gourdon

Plutôt qu'ethniques, les clivages viennent plutôt des présences dans les différentes régions : ainsi appellent on les merina ceux « qui habitent dans les hauteurs », les Antadroy ceux qui habitent dans les épines, les Antafasy ceux qui habitent dans les sables….

A la fin du XVIe siècle , les Maroserana, dynastie établie depuis 2 siècles dans le Sud-Ouest, accompagnée de devins, crée le Royaume de Menabe. Ils soumirent les populations primitives et Adriandahifotsy, le « Seigneur au teint blanc », se créé un nom. Il fait des campagnes guerrières où sont utilisées les armes à feu pour la première fois.

Ses fils se déchirent la succession et l’un deux  va partir créer le Royaume de Boina dans le Nord, qui occupera jusqu’au tiers de Madagascar. Mais ces deux royaumes se disloqueront au XVIIIe siècle.

Dans l’Ouest la vie est assez paisible et de nombreux pirates français, anglais, américains, hollandais, portugais viennent s’installer. De nombreuses unions se créent qui donneront les « Zana-Malata » ( descendants de mulâtres). Mais cette vie paisible est chamboulée par la volonté de pouvoir d’un chef mulâtre, Ratsimilaho, fils du pirate anglais Thomas White et de la princesse Antavaratra Rahena.

                                    
                                       Populations of Madagascar, Collections New York Public Library


Il se proclame roi et se nomme Ramaromanompo ( « l’homme aux nombreux sujets ») et donne à ses sujets le nom de Betsimisaraka ( « les Solidaires »). Par mariage et alliances, il bâtira un grand royaume mais celui-ci ne lui survivra pas.

Sa fille, Bety, épouse du caporal français La Bigorne, cèdera des terres à la France. Un autre de ses enfants ne réussira pas à maîtriser les révoltes claniques. Les Zana-Malata eux-mêmes reprennent le chemin de l’aventure. Seul un seul « le Prince Rouge », négrier, deviendra roi avant de se soumettre en 1817 au roi des Hautes Terres Radama Ier, proclamé roi de Madagascar.

Au fil des royaumes, les règles de gouvernance et de succession se structurent. Des castes nobles (Andriana) se créent et le signes de souveraineté apparaissent : le parasol et la ceinture rouges. Un état se créé, le Merina, et réussira une unification. L’ère des chefferies régionales est terminée ; tous les royaumes tombent : le Menabe au sud-ouest, le Boina au nord-ouest…
 
                      
                    Ramada Ier et Ranavalona Iere         Andrianampoinimerina ( NYPL)

Le roi Andrianampoinimerina fait des mariages diplomatiques ( 12 femmes), organise les communautés villageoises, place des représentants locaux… A sa mort, son fils Radama Ier doit organiser l’armée. Il s’inspire de l’armée de métier de Napoléon Ier.

Il pourra ainsi conquérir toutes les terres. Il se fait reconnaître internationalement comme roi de Madagascar. Il ouvre le pays et notamment la capitale, Antanarivo, jusque lors fermée aux étrangers.

Radama Ier accueillit les Français et les Anglais dans son entourage et en prit certains comme conseiller. Ainsi en est-il de James Hastie, Anglais, et à l’origine d’un premier traité avec l’Angleterre sur l’abolition de la traite des esclaves.

Sa veuve monte sur le trône sous le nom de Ranavalona Iere . De par son tempérament et son entourage plus traditionaliste, cette reine va effectuer un revirement dans la politique d’ouverture aux Européens. Soupçonnant leurs intentions expansionnistes, elle expulse les Européens, combat le christianisme naissant.

            
                                                  Crédit photo Philippe Gourdon


Pendant tout son royaume, elle s’opposera aux Vazaha ( étrangers) et déjouera de nombreux complots érigés contre elle. Lorsqu’elle décède en 1861, son fils Radama II n’aura pas le même parcours. Bien qu’ayant donné de nouvelles libertés, notamment dans le domaine des cultes et du travail, il sera un roi peu décidé. Il ré-ouvre la porte aux étrangers et se perd dans des débauches qui choquent les Malgaches. Le clan Hova le combat et le Roi sera assassiné en 1863.

Sa veuve , Rasoherina, reprendra le pouvoir et se succèderont ainsi d’autres reines. Le clan Hova reste très présent et aucune décision ne doit se prendre sans lui. Le premier ministre aussi gagne en pouvoir. Il en est un Rainilaiarivony qui exercera son mandat sous trois reines.

Ce dernier établira de nouvelles lois, écrites, un système d’administration et renouera avec la politique d’européanisation. Cela ne sera pas sans lui causer de nouveaux remous, notamment dans le pays Tankarana. La guerre franco-malgache commença  en 1883 et finit par le traité de protectorat du 17 Décembre 1885.

                         
                           Clan Hova, Collections New York Public Library


Celui-ci ne fut pas admis par les populations et la reine utilise la division des puissances étrangères pour lutter contre le résident français, alors le français le Myre de Villiers. Les régions du sud-ouest ne se soumettent pas.

La France comprend les pirouettes de la reine et concluent avec l’Angleterre la Convention de Zanzibar, où l’Empire britannique reconnait le protectorat français à Madagascar.

 La France cette fois-ci haussa le ton en 1894 et envoya un corps expéditionnaire de 12 000 hommes qui construisit une route jusqu’à Antanarivo. La guerre a recommencé. Mal équipée et désorganisée, l’armée malgache encore trop jeune ne résiste pas.

La reine doit signer le protectorat français. Son premier ministre est démis et remplacé par un vieillard inoffensif, qui finira  sa vie exilé en Algérie.

En 1896, le parlement français mit fin à l’indépendance de Madagascar.

Cet article a été écrit par Emmanuelle Falsanisi.




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