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Ouigours
Publié par EF041008 le 6/7/2009
Ouigours

Les Ouigours appartiennent à la famille dite « touranienne » de Sibérie méridinonale. C’est un mélange d’éléments europoïdes ou mongoloïdes. Ils parlent un turc du sud est ancien.

Initialement ils travaillent avec le pouvoir Tang. Mais ils sont chassés de Mongolie par les Kirghiz. Ils  fondent alors deux Etats indépendants : le premier dans le Gansu actuel et le second dans le Tarim, alors foyer bouddhiste. Ce dernier deviendra petit à petit musulman, suite à l'influence des Arabes dans la région...




Les Ouigours appartiennent à la famille dite « touranienne » de Sibérie méridinonale. C’est un mélange d’éléments europoïdes ou mongoloïdes. Ils parlent un turc du sud est ancien.

Ils s’allient au VIIe s avec la dynastie des Tang, ce qui leur permet de régner sur les autres tribus turques de l’Est de la Chine. Ils forment ainsi au VIIIe s un royaume qui s’étend sur la Mongolie, la Dzoungarie et une partie des oasis de Tarim. C’est l’époque des Khan Bilge et Burghu.

Mais en 840, un autre peuple turc, qui appartient à la même famille touranienne et parle un turc du Nord ouest, les Kirghiz, détruit ce royaume et chasse les Ouïgours de Mongolie. Ils seront à leur tour chassés de cette région par les Mongols avant de se fixer dans l’actuelle Kirghizie.

Les Ouïgours fondent alors deux Etats indépendants : le premier dans le Gansu actuel et le second dans le Tarim, alors foyer bouddhiste. Petit à petit ils adoptent la sagesse indienne, se sédentarisent et deviennent agriculteurs, voire commerçants.

Mais l’influence arabe et musulmane progresse. Les Arabes battent l’armée des Tang au VIIIe s. A la fin du X, ils arrivent en Kashgarie et les Ouïgours de Tarim se convertissent à cette nouvelle religion. Les autres Ouïgours de la région Gansu, repliés dans les monts Qilian, restent bouddhistes. 

                        
                                 Gengis Khan                                                   Urumqi

Les Ouîgours musulmans augmentent leur influence, notamment auprès de Gengis Khan, qui fait élaborer pour sa langue une écriture faite à partir de l’écriture ouïgour. Malgré la domination ouzbeks (Tamerlan) et mongols, les Ouïgours arrivent à s’infiltrer dans les cours et influencer les pouvoirs.

La qualité de leur prose, la richesse de la poésie de leurs artistes influencent le monde voisin. Ainsi en est il du poète Nevaï qui a donné son nom au turc littéraire de Chaghadaï, surnommé la « langue de Nevaï ».


                                     
                                      Soldats 1902,  Collections New York Public Library

Mais la région du Tarim est stratégique. Entourée de montagnes, on trouve les Tian Shan au nord, la chaîne des Pamirs à l'ouest et les Kunlun au sud. Le centre de ce bassin est occupé par un désert, le Taklamakan.

Autour de ce désert, au nord comme au sud, sont disposées des villes-oasis comme Kucha, Aksu, Kachgar, Yarkand ou Khotan.
Tampon entre la Russie et la Chine, cette région ouvre à la Chine la porte aux régions d’Europe centrale. Au XVIIIe s , l’Empereur commence à envoyer des colons Han, Mandchous et Mongols.

Parallèlement les Russes soutiennent les Kazakhs, cet autre peuple d’origine turque et fondent Alma-Ata. Ils utilisent le mécontentement dû à la présence mandchoue. Des révoltes apparaissent et atteignent le Tarim. Un état indépendant nait grâce à un Ouïgour Yakub Beg, encouragé par les Britanniques  et l’espoir nait dans l’esprit des Ouigours. Mais tout ceci ne va en fait devenir qu’un moyen de négocier des frontières.

                          
     
                                    Turkestan Oriental ( à droite collections NYPL)

Yakub Beg meurt et les Chinois et les Russes négocient les frontières entre eux. Ils érigent le territoire qui va du Tibet à la Mongolie en province du Xinjiang ou « Nouvelle Frontière ». Cette région partage une frontière avec la Mongolie, la Fédération de Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan, le Cachemire et l'Inde. Les Ouïgours sont le peuple le plus représenté mais restent sur leurs rêves d’indépendance.

Cette région loin de Pékin est rapidement sous influence russe. Des troubles anti-Mandchous et anti-Hans sont constants dans les années 20. Le Xinjiang devient presque colonie russe. Cette situation commence à agacer Pékin qui envoie 10 000 fonctionnaires  Hans pour remplacer les Ouïgours.

En 1944, une révolte éclate contre cette implantation soutenue par les Kazakhs. Aides par les Soviétiques, parmi lesquels Saifudin, Ouïgour formé à Moscou, les révoltés établissent l’état du Turkestan oriental, dirigée par un Kazakh, un Ouïgour et un Russe. Cet état bat les troupes de Chian Kai Chek et signe un traité d’autonomie.

A l’arrivée de Mao Ze Dong au pouvoir, Pékin reprend la région en main et entreprend son développement économique ( pétrole, mines) . Ils essayent aussi d’enrayer l’influence soviétique. 

                                               
                                                  Credit dessins/ photos C.Level


Tous les pouvoirs locaux sont subordonnés à Urumqi , capitale du Xinjiang. Les forces armées de l’état du Turkestan oriental sont intégrées dans les forces chinoises et nomme un proche de Mao Ze Dong venant de la région du Henan, Wang Enmao.

Cette région résiste alors comme elle peut à la sinisation, notamment au travers de l’écriture arabe qui est pour eux un moyen de conserver leur identité. Les peuples kazakhs restés aux frontières , à l’intérieur du Xinjiang, tentent de se connecter avec leurs cousins en terre kazakh. En 1962, Kazakhs et Ouïgours passent en URSS, puis en Inde du Nord.

La région se modernise mais celle-ci ne bénéficie pas toujours aux Ouïgours. Le fond du problème est religieux. La Révolution culturelle a fermé les mosquées et une gigantesque frustration est née. La polygamie est interdite, le voile banni. Mais on commence à rouvrir les mosquées, sans leur donner toutefois les moyens financiers de survivre.

Aujourd’hui l’URSS n’existe plus , des pays se sont constitués sur les bases des anciens états socialistes. Le Xinjiang reste sous domination chinoise à l’heure où la Chine elle-même s’ouvre au monde.

Cette région riche en pétrole et en minerais, stratégique géographiquement  va certainement connaître des velléités à l’indépendance. Reste à savoir qui cette fois ci les soutiendra et dans quels buts.

Cet article a été écrit par Emmanuelle Falsanisi.

Les dessins peuvent être retrouvés sur le site:  http://novel.unblog.fr/tag/peuples-du-monde-3/


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