|
Recherche
Echanges de liens
|
Istanbul
Publié par EF041008 le 12/12/2009
Byzance, Constantinople ou Istanbul , quelle que soit son nom , cette ville a su nous émouvoir et libérer notre imaginaire. Bâtie sur un site extraordinaire, rocher surplombant la Corne d’Or au carrefour des routes maritimes et à la croisée des chemins terrestres de l’Asie et de l’Europe, Byzance est une ville carrefour de cultures.Carte de la ville A l’apogée de l’Empire Romain, Byzance ne profite pas de Rome et n’est somme toute qu’une ville de moyenne importance. Ce n’est qu’à la scission entre les empires romains d’Orient et d’Occident que la ville devient capitale sous le nom de Constantinople, en l’hommage de l’Empereur Constantin. Des cérémonies marquent l’inauguration de la Nouvelle Rome. Constantin engage des sommes astronomiques pour rénover et construire une ville impériale. Il lève des impôts colossaux pour financer ces travaux. Il embauche des esclaves Goths pour créer des thermes, aqueducs, arcs de triomphe. A la mort de Constantin en 337, la capitale de l’Empire est une ville magnifique. Les successeurs de Constantin seront chrétiens, Théodose notamment qui donne à la seule Eglise officielle une existence légale. Les sanctuaires païens de Byzance sont rasés. Le premier grand Empereur de l’Empire byzantin est Justinien , toujours accompagné de sa femme Théodora, fille d’un gardien des animaux du cirque, danseuse, actrice et courtisane à l’ascension sociale fulgurante. Pour asseoir son pouvoir religieux, il fait construire de nombreuses églises, notamment Sainte-Sophie, qui existait déjà sous Constantin mais qu’il renforce et fait agrandir. Cette église est au Vié siècle et pour longtemps le plus vaste édifice chrétien d’Europe. Justinien est aussi ambitieux sur le front de l’expansion territoriale. Cela lui permet d’accroître son commerce, de renforcer ses industries. Constantinople n’est plus une étape, mais une ville où l’on s’arrête pour produire. Le diptyque de Barberini, daté du V ou Vie s , présente Justinien dans une allure triomphale, à cheval, armé d’une lance, dominant la terre représentée par une femme à la poitrine nue et sous le regard bienveillant du Christ. Lors de ses guerres expansionnistes, il est heureux en Méditerranée mais la Perse lui résiste. Ses armées se dispersent, lui coûtent beaucoup d’argent. La mort de Théodora l’atteint et les difficultés s’amoncellent. A sa mort, son rêve de réaliser un grand Empire, était réalisé mais condamné. Les luttes entre Constantinople et la papauté commence en 730 avec la querelle des Images (querelle iconoclaste) quand Léon III demande aux hauts fonctionnaires de l’Empire se signer une déclaration hostile au culte des icônes. Lors de la quatrième Croisade, Constantinople est mise à sac en 1204. Cette invasion latine instaure le droit occidental entre 1204 et 1261, avant une restauration puis la chute devant le Sultan Mehmet II en 1453. ![]() Cliquez sur les images Ayant repris Constantinople, il cherche lui aussi à asseoir son pouvoir et montrer la force de son peuple. Il fait construire le célèbre Topkapi, qui éblouira les générations par sa richesse et son luxe: caftans de satin de soie jaune, velours rouges , peintures évocatrices, bijoux en or, aigrette en émeraude... Les salles de bains laissent baigner des vapeurs suaves, où l’on découvre les serviettes, les sabots très proches de ceux des geishas japonaises, des peignes aux incrustations raffinées, des miroirs de jade incrustés de rubis et d’or… Mehmet nous transporte. Il cède à son fils Bayezid II une capitale en plein essor, mais fortement endettée. Bayezid II, qui a dû intriguer et batailler contre son frère ( qui finira à la tour zizim à Bouganeuf en France, otage bien utile pour arrêter la poussée ottomane…), doit éviter le révolte de l’armée : il verse aux janissaires un don de joyeux évènement…pratique qui restera un certain temps dans les usages politiques… ![]() Soliman ( par Titien) et Roxelane C’est Soliman le Magnifique ( peint par Titien) qui sera le plus grand Sultan et conduira Constantinople au pinacle. C’est lors de son règne que la culture byzantine sera la plus raffinée : faïences d’Iznik, soieries de Brousse, savons d’Alep. Les constructions des édifices religieux sont pilotés par Sinan, architecte de génie, ayant marqué son époque. Les Turcs commercent avec tout le monde : les Vénitiens, Génois, Polonais…Ils leurs donnent des capitulations qui leurs permettent d’être représentés : ce sont les Français qui obtiennent la première, ce qui leur donnent accès à tous les ports d’Istanbul, Chypre, Smyrne, Alexandrie, Tripoli ou Alep… Le Palais est une ville dans la ville et le harem le lieu de toutes les manigances, notamment sous la houlette de la chère femme de Soliman, Roxelane. L’expansion territoriale est immense : la Hongrie, l’Arménie, l’Irak, le Yémen, la Tunisie, l’Algérie… ![]() Cliquez sur les images A Rhodes contre les Chevaliers de Malte , il bat Philippe Villers de l’Isle Adam, mais le laisse quitter l’île sous les honneurs de la guerre, pour rendre hommage à son courage ( les Ottomans regretteront ce geste plus tard à Malte face à La Valette). Face à cette puissance François Ier s’allie à Soliman contre Charles Quint. Le rapprochement lent et progressif d’Istanbul avec l’occident aboutit à une transformation des usages militaires et sociaux. Cette évolution s’observe particulièrement bien à travers le vêtement et l’expansion de la ville le long du Bosphore, dont les rives accueillent notamment les palais nouveaux de Dolmabahçe, Beylerbeyi et Çırağan. Emmanuelle Falsanisi
|
|||||||||