Very Important People on a Very Important Planet
french english Flux RSS
Recherche
- Themes -
Infos
Connexion
Galerie Photo
Zanzibar
Publié par EF041008 le 4/1/2010
 Zanzibar

Ce petit archipel de la côte africaine de l’ocean indien, comprenant l’ile de Zanzibar et celle de Pemba, est aujourd’hui partie de la Tanzanie.
C’était le centre de groupage des esclaves et ces îles prirent une importance immense lors du commerce triangulaire...










Ce petit archipel de la côte africaine de l’ocean indien, comprenant l’ile de Zanzibar et celle de Pemba, est aujourd’hui partie de la Tanzanie. C’était le point limite atteint par les boutres (bateaux confectionnés sans clous) venues d’Arabie et de la mer d’Oman... Cette possession dépendait du Sultanat d’Oman depuis le XVII e s et a une population majoritairement musulmane.

C’était le centre de groupage des esclaves et ces îles prirent une importance immense lors du commerce triangulaire. La traite zanzibarite a ravagé toute une partie de l’Afrique orientale et centrale, depuis le Nord de l’Ouganda jusqu’au Mozambique et de l’océan indien jusqu’au fleuve congo.

                            
                                       Collections New York Public Library

Le commerce des esclaves était devenu avec le commerce de l’ivoire l’élément principal du commerce de Zanzibar. Le marché aux esclaves de Zanzibar date de 1811.

En 1832, la capitale du sultanat de Mascate a été transférée à Zanzibar et le Sultan Seyid Saïd (1804-1856) y pris ses quartiers. S’appuyant sur l’alliance britannique (et le protectorat en 1890) en échange de l’arrêt du commerce des esclaves (qui sera aboli finalement en 1897), le sultan assura l’indépendance de l’île par rapport à Oman et développa le commerce.

Cet empire comprenait trois éléments : le cœur commerçant (les îles) producteur de clous de girofle, la zone des côtes consacrée à la traite des esclaves et de l’ivoire, et l’arrière-pays  et son nœud majeur de Tabora  qui était la plaque tournante de tous les trafics intérieurs de l’Afrique. Des liens étroits se tissent avec cette terre de Tanganyika qui réunit plus d’une centaine de chefferies et de royaume bantous et Zanzibar. 


                         
                                 Collections New York Public Library

L’exemple en est l’extension de la langue swahili, qui est la langue de l’empire commercial de Zanzibar et qui s’est répandue dans tout le territoire de Tanganyika.  Elle fut utilisée par l’administration allemande lorsque celle-ci se fit confier, après la conférence de Berlin ( 1884-1885) et via  la compagnie Carl Peters , la Deutsche Ostafrikanische Gesellschaft ( DOAG),  la colonie du Tanganyika.

A partir de ce moment là, Zanzibar et Tanganyika auront des destins de plus en plus croisés, jusqu’à la fusion.

 Au Tanganyika, les Allemands échouent dans leur gestion ; des révoltes Maji-Maji apparaissent et font 100 000 morts en 1907. A la fin de la première guerre mondiale, la région allemande est mise sous mandat de la Société des Nations (SDN), géré par la Grande-Bretagne. La capitale est Dar-Es-Salam. 


                     
                                              Crédit Photo Nicolas Gein

Le Tanganyika n’obtient pas les investissements occidentaux et les paysans sont souvent exclus des réserves naturelles qui sont créées. Des associations se créent comme la Tanganyika African Association en 1929 intégrant commerçants et salariés. En 1954 sous l’impulsion d’un jeune enseignant Julius  Nyerere, cette association devient un parti politique, le Tanganyika Afican national Union (TANU).

A Zanzibar aussi, les mouvements se créent. Des influences du bloc de l’Est se font sentir. La poussée anti  colonialiste encourage les Africains de Zanzibar et de Tanganyika.

A Tanganyika, le pouvoir colonial arrive à maîtriser ces tensions en donnant un peu de représentativité à ces groupes et le Tanganyika obtient son indépendance en 1961.

A Zanzibar par contre, les aristocraties arabe et coloniale n’ont pas autant de dextérité diplomatique ni de volonté de donner cette indépendance.  Une révolution arabo-marxiste , appuyée par les descendants d’esclaves, chasse le sultan. 

                
                                                     Crédit photo Nicolas gein

Zanzibar se rapproche de Tanganyika et Julius Nyerere accepte d’intégrer Zanzibar dans la Nouvelle Tanzanie. Il pensait éviter que Zanzibar ne devienne un pôle marxiste sous ses fenêtres. Zanzibar garda le bénéfice de ses exportations de girofle, obtint le poste de vice président, de nombreux députés et garda un parti unique, l’Afro Shirazi Party (ASP) qui ne se fondit qu’en 1977 avec les TANU pour former le Chma Cha Mapinduzi.

Le contrôle de la politique zanzibarie reste complexe sans compter que cette dernière reste influencée fortement par l’islam et constitue un vecteur de pénétration de cette religion à l’intérieur des terres tanzaniennes.

C’est ce dilemme que la Tanzanie actuelle doit gérer : garder sa richesse en continuant à intégrer Zanzibar et toute cette histoire, y compris religieuse,  ou redevenir le Tanganyika d’une part et Zanzibar d’autre part.

C’est donc une terre qui , derrière sa façade paradisiaque de plages au sable blanc et d’océan outremer, cache une de vraies problématiques du XXI e s.

Cet article a été écrit par Emmanuelle Falsanisi.
 


 

  Voir cet article en format PDF Imprimer cet article Envoyer cet article

Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Conversation