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Romanov part 3
Publié par EF041008 le 19/11/2010
 Romanov part 3

Cette période couvre la vie des Romanovs de l'arrivée d'Alexandre II à la chute de Nicolas II et l'arrivée du pouvoir bolchevique. C'est une période extrêment mouvementée, comme dans toute l'Europe , où de nombreux attentas terroristes sont perpétrés...









     L'ombre des Romanov
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Le Traité de Paris consacre la défaite russe et met un frein à sa politique balkanique. Toutefois le problème de la succession n’est pas résolu. C’est Alexandre II qui prendra la suite de Nicolas, en plein drame de la défaite de Crimée.

Il doit faire face aussi à l’intérieur à la grogne du milieu agraire et se  voit contraint pour éviter les débordements de signer un oukaze déclarant la fin du servage.

 Les nihilistes sont aussi de la partie et commencent des attentats à Moscou. Même le tsar est agressé et son agresseur sera pendu. Mais il restera marqué par cela et sait que des Réformes doivent se faire au risque d’un éclatement de son pouvoir.

Il créera dans les provinces des assemblées ( zemstvos) élues au suffrage indirect. Des Doumlas apparaitront aussi pour l’administration des villes. La justice aussi se réforme et s’affranchit de l’administration. Des jurys apparaissent, des pourvois en cassation…même si l’arbitraire est toujours présent pour les affaires politiques…pour eux, c’est la Sibérie.

D’autres réformes naîtront notamment dans l’éducation que l’on sépare de l’Eglise, ou dans le militaire… Mais lorsque l’on commence les réformes, il faut savoir tenir le cap et savoir s’arrêter. Ce pays géré de façon autocratique découvre la parole et les premiers problèmes apparaissent.

Les Polonais d’abord qui souhaitent une amélioration de leur sort. Ils en arrivent à provoquer une insurrection en 1863 menée par Romuald Traugutt. Cette révolte est brisée par les forces russes.

Alexandre II va rétablir un régime de fer lors de ses guerres en Orient contre le Sublime Porte ( voir Istanbul ) . Il regroupe les Russes sous le drapeau de l’Orthodoxie. Le Tsar veut mettre fin aux massacres des Orthodoxes par les Bachi-Bouzouks et au martyre des populations en Bulgarie, en Serbie et au Monténégro.

Le traité de San Stefano met fin à la guerre russo-turque, mais les Anglais s’empressent de limiter la portée de ce dernier afin de ne pas avoir une Russie trop forte. Les Anglais jouent un jeu diplomatique qui isole la Russie. Alexandre II doit se contenter de la Bessarabie et de quelques territoires d’Asie Mineure.

                    
                                                         NYPL Collections

Alexandre II se bat aussi sur le front de l’Asie Centrale. Les Kazakhs sont révoltés depuis 1868. Les Russes vont réussir à mater cette révolte et à occuper le pays Kirghize. La Russie touche à l’Afghanistan et à la Perse. Alexandre II menace ainsi à nouveau l’Empire Britannique.

Enfin, en 1869, Alexandre II travaille aussi à ses frontières avec la Chine, qui est en guerre contre les Anglais et les Français. Alexandre II envoie des Russes s’installer dans le bassin de l’Amour. L’île de Sakharine va être récupérée au Japon.

Alexandre II est sur tous les fronts diplomatiques. Son état réformateur a ouvert une brèche dont il sera lui même victime. Les Nihilistes sont présents partout en Russie et fomentent des attentats sur le territoire. L’un d’entre eux s’adressera à Alexandre II qui en mourra.

Alexandre III hérite d’une Russie sous influence extérieure avec des anarchistes à l’intérieur. Le Grand Moujik , le colosse de la famille, va devoir sortir de lui-même pour résoudre tous ces conflits.

Sa première réaction est de remettre l’ordre et la sécurité : la police et la presse sont tenues, les libertés suspendues. Les terroristes, dont le frère ainé de Lénine, sont pendus.

Il publie des contre-réformes, notamment dans le domaine judiciaire, dans l’administration locale…Tout ce qu’avait mis en œuvre son père est aboli…La Russie connait un durcissement politique très fort.

                          
                                                      NYPL collections

Le pays essentiellement agricole devient industriel. L’Empereur suit cet essor mais décide une politique protectionniste. Ils arrivent malgré tout à obtenir des financements extérieurs (les emprunts russes).

Au plan international, Alexandre III ne peut continuer la politique de son prédécesseur dans les Balkans. L’Asie reste une zone de conquête mais aussi de friction avec les Anglais.

Alexandre III parle français. Il n’apprécie pas forcément la France républicaine peu appréciée des cours d’Europe  mais cherche à s’allier avec elle en 1888. Ils signent alors le Traité franco-russe avec Sadi Carnot. Le pont Alexandre III à Paris était destiné à marquer cette alliance et amitié entre les deux pays.

Alexandre III mourra lui aussi lors d’un attentat à la bombe en 1894. Son fils, Nicolas II, l’homme qui sera le dernier des Empereurs de Russie, lui succèdera.

Marié à une Allemande, la princesse Alix de Hesse-Darmstadt, qui prendra la religion orthodoxe et deviendra la Princesse Alexandra Fedorovna, il n’est pas prêt à devenir tsar. C’est un être humain : lors des bousculades qui se sont déroulées pendant son mariage provoquant plusieurs morts et blessés, il termine à cotre cœur les festivités de son mariage et va rejoindre les blessés.

Avec cette femme, souvent méprisée par les Russes, il aura 5 enfants, dont le futur Tsarevitch Alexis. Ce dernier de constitution fragile, hémophile,  est suivi par un homme qui influencera beaucoup la famille Romanov : Raspoutine. Son influence grandissante auprès du tsar lui vaudra d’être assassiné.

              
                        Cosaques in Port-Arthur                       Raspoutine

Nicolas II maintient l’autocratie ré-initiée par son père. Il s’oppose au parlementarisme qui est apparu dans tous les pays européens. Il s’oppose à l’extension des zemstvos et il souhaite un pouvoir central.

Il maintient le  ministre de l’économie et des finances de son père, Witte, qui pratique une politique d’industrialisation intense. Ce dernier a d’excellentes relations avec les industriels européens, particulièrement les Français et les Belges, qu’il invite à investir en Russie.

C’est l’époque ou des chemins de fer sont construits dans toute la Russie. Le pays est en ébullition. Les paysans par contre sont laissés pour compte. Les propriétaires agricoles, qui ne se sentent pas épaulés, s’impatientent. Ils critiquent Witte.

Au plan international, la Russie alliée de la France s’affaiblit. La flotte russe est coulée en rade de Port-Arthur au Japon. Cette défaite affaiblit le régime de Nicolas II. Les révolutionnaires qui bénéficient de la vague qui se répand en Europe profitent de cette brèche pour mettre la rebellion dans la tête des ouvriers. Des grèves se déroulent en 1905 dans les aciéries Poulikov et atteint de nombreuses usines. Le peuple misérable et fatigué par les cadences dures de travail se soulève pacifiquement. Ils sont tous dans la rue, sous la neige. On leur envoie les Cosaques qui du haut de leurs chevaux piétinent la foule, les bat à coup de sabre : 5000 morts.

                       

C’est le début de la guerre civile. Ayant été humiliée au Japon, la marine se mutine sur le cuirassé Potemkine. Cet équipage est constitué essentiellement de paysans, de moujiks, qui s’étaient engagés pour survivre. On leur sert de la viande avariée, infestée de vers. Ils refusent le plat. On les condamne à être fusillés, mais les marins refusent de tirer sur leurs frères. Le commandant est tué.

Potemkine reste isolé, mais la confiance dans le tsar se désagrège. Le peuple ne se sent pas soutenu par ce tsar qui apparait comme faible, manipulé par Raspoutine et par sa femme allemande. Le tsarevitch Alexis est à l’image de cette faiblesse : malade, il ne donne guère d’espoir au peuple russe.

Le ministre Witte sent que la situation doit être reprise. Il fait signer le Manifeste sur le perfectionnement de l’Etat le 17 octobre 1905, instaurant la liberté de culte, d’association, de parole…L’autocratie cède petit à petit la place à un gouvernement semi-constitutionnel. Des partis apparaissent, les Cadets, les Socialistes-révolutionnaires…

EN 1906, Nicolas II nomme Stolypine comme Président du Conseil des Ministres. C’est une dernière tentative de la part de Nicolas II de reprendre en main le pouvoir . De nombreuses condamnations à mort sont anoncées ( la cravate de Stolypine : la corde), des déportations en Sibérie…Mais Stolypine est assassiné. Nicolas II reste seul, désarmé devant cette Russie qui lui échappe.

En 1913, Nicolas II fête les 300 ans de la Maison Romanov.Le tsar est nostalgique de cette gloire passée. Il doit faire face à des révolutionnaires qui lui scient les pieds. A l’extérieur la Russie a perdu son aura. Elle perd la Bosnie-Herzégovine envahie par l’Autriche Hongrie.

L’attentat de Sarajevo contre l’héritier du trône d’Autriche Hongrie par les Serbes met le feu aux poudres. La guerre est déclarée. La Russie est aux côté de la France, mais l’origine allemande de sa femme est un problème. L’armée russe en est un autre : elle n’est pas prête à la guerre. Elle a faim, froid. Le peuple russe enfin est le plus grand problème du tsar : sa douma, ses zmstvos, son peuple ne le soutient plus.

On voit apparaitre en 1917 les premiers tracts bolcheviks. A la Douma, le Tsar déçoit. La rebellion s’accentue. Le pays est ingouvernable et le tsar abdique en mars 1917 : la révolution bolchevique est en marche.

 

                          

Le Tsar et sa famille sont à Tsarskoïe Selo. Il ne veut pas partir en Crimée. Kerensky les envoie en Sibérie à Tobolsk, puis a Iekaterinburg, en Oural. Nicolas II sait que sa famille ne survivra pas à cette nouvelle destination : la ville est infestée de rouges. On commence à vouloir un procès public des Romanov.

Yourokski et ses hommes enferment la famille impériale dans une pièce et les massacrent à coup de fusil. On dit que les femmes mirent plus de temps à mourir car elles avaient cousu leur pierres précieuses dans leurs corsets. Détails sordides largement repris par la propagande russe qui voulaient les montrer comme avides. Onze victimes massacrées sans jugement.

Cette fin , sans témoin finalement que les propres bourreaux, sera sujet à polémiques. Y a-t-il eu des survivants ? En 1990, les corps de la famille seront exhumés et manqueront ceux de 2 Romanov : le tsarevitch Alexis et Maria qui auraient été brûlés.

En 1998, le tsar Nicolas II a été inhumé avec sa famille à la cathédrale Pierre-et-Paul à Saint-Petersbourg. Les restes du tsarevitch et de Maria ont été retrouvés en Oural en 2007. En 2008, le Présidium de la Cour Suprême a décidé de réhabiliter cette famille Romanov.

Telle est l’histoire incroyable d’une famille au destin immense et  souvent tragique. Elle reste à jamais et malgré les révolutions partie de l’âme russe. Cette réhabilitation ne fait que donner à la Russie l’opportunité de faire face à son histoire.




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